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Les médias accumulent les
informations sur l'évolution du conflit israélo-palestinien :
les attentats, l'occupation des territoires, la logique de l'escalade
de la violence...
Depuis le début de la seconde
Intifada, la grille de lecture de cette actualité ne change
guère ; dans ce traitement unilatéral de l'information,
on fait trop souvent abstraction de la plus grande partie du peuple
palestinien, celle qui a fuit en 1948 (et la seconde vague en 1967).
Aujourd'hui, après plus de
50 ans d'exil, ces Palestiniens sont encore considérés
comme des réfugiés, regroupés dans des camps
ou des quartiers d'habitations précaires. La négligence
des pays d'accueil (Liban, Syrie, Jordanie) marginalise cette population
par les restrictions imposées à tous les niveaux,
entre autres, concernant l'accès au travail, les soins médicaux,
et l'éducation.
Au Liban, on recense 12 camps de
réfugiés où survivent plus de 300.000 Palestiniens.
Pour présenter une vision globale de la vie dans ces camps,
nous avons étendu notre travail à six d'entre eux,
autant dans le Nord et le Sud du Liban, qu'autour de Beyrouth.
Notre intention était de
donner la parole à ces réfugiés apatrides,
pour qu'ils puissent s'exprimer sur leur condition, et nous faire
simplement partager leur quotidien. Nous avons décidé
de travailler avec les jeunes, la troisième génération
de l'exil, car ils sont l'avenir de leur peuple et de cette lutte
sans relâche pour un retour improbable. Au total 100 jeunes
de 10 à 16 ans ont participé à ce projet. A
l'aide d'appareils jetables, ils nous ont offert leur sensibilité
sur la seule réalité qu'ils touchent, celle des camps.
Après quelques séances théoriques autour de
l'esthétique et des fondamentaux (cadrage, lumière,
géométrie de l'image...), les jeunes étaient
libres dans l'utilisation des 27 clichés mis à leur
disposition. Ce travail en commun avec les jeunes nous a permis
d'approcher au plus près une dure réalité,
sans aucune recherche du sensationnel.
Simon Lourié & Yasmine
Eid-Sabbagh
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